D – Grande-Bretagne: l’émergence d’un ‘cyber-boom’
Introduction
Profitant à la fois de sa situation
géographique et de la langue, la Grande-Bretagne sut tirer parti du
développement de l’art contemporain aux Etats-Unis. En quelques décennies,
elle réussit à s’imposer comme une plaque transitoire entre le ‘Nouveau
Continent’ et l’Europe.
Actuellement, la Grande Bretagne semble être le seul
pays européen à avoir parfaitement bien su intégrer le Web-Art dans ses
structures ; cela aussi bien dans les grandes institutions londoniennes
(la Tate Gallery et l’ICA) que dans les centres d’art contemporains (l’InIVA
de Londres, le CCA de Glasgow…). Deux grands pôles semblent se distinguer:
Londres et l’Ecosse.
Les atouts de la Grande-Bretagne
1 - L’émergence de lieux spécialisés
Depuis 1996, nous assistons à une phase de construction
de nouveaux lieux de diffusion, spécifiquement aménagés pour la promotion et
l’exposition de l’art informatique.
Le Media Centre
de Hudderfield (nord-ouest de l’Angleterre) est l’un des plus
remarquables. Inauguré en octobre 2001, il propose dans son espace de
monstration, le ‘Medialounge’, des expositions de qualité (ex. monstration de
l’installation Internet Decorative
Newsfeeds de Thomson &
Craighead, du 23 avril au 25 juin 2004 [1]) ainsi que des rencontres avec des
célébrités du cyberart (ex. le 7 août 2003, le centre invita Graham Harwood,
artiste commissionné par la Tate Gallery). Depuis le 17 octobre 2002, le
centre dispose également d’un espace consacré aux artistes et aux théoriciens:
le ‘Digital Research Unit’ (le DRU [2]). En partenariat avec le Yorkshire Arts, le Arts Council of England, l’European Regional Development Funds et
l’Université de Huddersfield, le DRU tente de remplir trois missions:
programmer des commissions de web-art [3],
instituer un programme de recherches et organiser des résidences.
Dans tout le Royaume-Uni, de tels
lieux émergent et encouragent fortement la création informatique
(expositions, programmes de résidences, de recherches…): le PVA MediaLab
(Bridport, fondé par un petit groupe d'artistes en 1996 [4]),
l’ArtSway (New Forest, fondé en 1997 [5]), l’Institute of Digital Art & Technology
(Université de Plymouth [6]), le BALTIC (Gateshead,
créé en 2002 [7]),
la Site Gallery (Sheffield [8]), le Planetary Collegium
(Newport, fondé le 1er mai 2003, sous le patronage du Professeur
Roy Ascott [9]),
le Watershed (Bristol [10])….
2 – Les espaces de discussions, l’édition et la
presse
Fiers de leur expérience dans
l’institutionnalisation des new media
arts, les organismes culturels britanniques mettent en place des
conférences internationales sur les pratiques curatoriales. La dernière en
date – intitulée ‘British New Media Art’ (3 avril 2004, Tate Britain Auditorium) – fut co-organisée par The Arts
Council [11], le Film & Video Umbrella et
la Tate Britain. Des responsables institutionnels (Steve Dietz, Sarah
Cook...) ainsi que de nombreux artistes ayant déjà été commissionnés pour des
web-créations (Matt Fuller, Desperate Optimists, Thomson & Craighead…)
conversèrent sur leurs démarches actuelles: considérations sur les différents
procédés de conservation, sur la réception des œuvres d’art et sur les
volontés des créateurs.
Sur le Web,
les Britanniques créent également des lieux de rencontres et de discussions spécifiquement
axés autour des pratiques curatoriales des new media arts. Un des
sites les plus admirables est CRUMB [12]. Celui-ci est co-administré par Beryl
Graham et Sarah Cook et est
encouragé par l’Université de
Sunderland et le BALTIC.
Quelques revues spécialisées abordent la
Web-création. Une des principales est Mute.
Fondée en 1994 par deux artistes (Simon Worthington
and Pauline van Mourik Broekman)
et financée par l’Art Council of
England, cette publication online
s’est donnée pour objectifs d’informer les internautes sur les interrelations
existant entre l’art et les nouvelles technologies[13].