C.2 – Centre Oboro (Montréal)
Fondé en
1982, Oboro est un centre transculturel, montréalais, à but non lucratif, géré
par un collectif d’artistes [1]. Il
s’est donné pour mission d’encourager l’art contemporain expérimental (arts
visuels, new media arts, performances…) ainsi que l’échange d’idées. Il
se revendique très ouvert (« à toutes les formes de projets originaux qui
font avancer la réflexion et évoluer les pratiques artistiques »).
Ses principales activités sont: la monstration, l’édition, l’accueil en
résidence, la mise en place de conférences, d’ateliers et de projets en
réseaux.
En 1995, le centre intégra à sa programmation une série
d’événements (et de projets) utilisant les nouvelles technologies ; il lui
donna le nom de ‘TechnOboro’. Progressivement, il intensifia ses activités dans
ce domaine et mit en place un véritable ‘laboratoire nouveaux médias’
(officiellement inauguré le 7 décembre 1997). Celui-ci « propose un
contexte stimulant de création qui favorise les pratiques innovatrices. Il a
comme objectif, pour l'ensemble de la communauté, l'avancement de la réflexion
dans le domaine des arts médiatiques, des nouveaux médias et des nouvelles
technologies. » Il ne fixe aucune
limite et étudie tous les dossiers artistiques. « Les demandes peuvent
prendre la forme, entre autres, de quelques jours d'accès à une unité
informatique sans frais ou à des coûts réduits, d’un projet de résidence de
plusieurs semaines couvrant différents aspects d'une production, d’un projet de
coproduction multipartite impliquant un commissaire. »
Tous les projets sont jugés par le Comité de programmation en fonction d’un
certain nombre de critères (notamment la pertinence, la qualité artistique, le
contexte montréalais et le budget nécessaire).
A partir de
mai 1997, aux divers projets novomédiatiques et télématiques menés avec
différents centres (et communautés), s’ajouta un ensemble de projets
spécifiquement conçus pour le Web. Pendant quatre ans, le
centre permit à une quinzaine d’artistes de créer de petits projets hypermédias
assez originaux mais n’offrant pas de grandes possibilités interactives. Nota: le TechnOboro est un laboratoire dirigé par des artistes –
et, par conséquent, a des enjeux différents de ceux des grosses institutions
(dépendant des fondations industrielles ou des universités). Il ne dispose pas
de gros budgets et doit se contenter de projets plus modestes.
Les artistes
gardent l’entière propriété de leurs web-créations. Chaque année, le Centre
doit leur verser des droits et passer des accords avec eux pour continuer à
diffuser les œuvres (nota: ils ont la
possibilité de décliner l’offre). L’entente de diffusion indique que les
projets doivent être reproduits dans leur intégralité et sans déformation (à
moins que l’artiste lui-même ne consente par écrit à une reproduction non
conforme).