B.3 – Le Museum of Contemporary Art
(Los Angeles)
Depuis son ouverture en 1979, le Museum of Contemporary Art (MoCA)
de Los Angeles a pour principale mission de collectionner l’art américain et
européen créé depuis 1940. Il possède un remarquable ensemble de cinq mille
œuvres: quelques pièces majeures de l’art américain (expressionnisme abstrait,
Pop Art, onze toiles de Sam Francis, six boites et quinze collages de Joseph
Cornell …) ainsi qu’une multitude de réalisations de jeunes artistes émergents.
Depuis 2002, il reçoit régulièrement d’importants dons de vidéos et
d’installations relevant des new media
arts (Doug Aitken, Tracey Emin, Steve McQueen, Pipilotti Rist…). Il est intéressant
de signaler que le MoCA ne dispose actuellement que d’un faible budget mais
réussit néanmoins à poursuivre ambitieusement ses acquisitions et ses
expositions (notamment grâce à l’action de ses deux principaux sponsors: El
Paso Natural Gas Company et la Citibank Private Bank).
B.3.1 – Historique de la collection
En 1999, Jeremy Strick [1] fut
nommé directeur du MoCA. A son arrivée, il fut très critiqué: d’une part sur sa
formation universitaire (il avait une formation en histoire de l’art et non pas
en administration) et d’autre part sur sa carrière (jusqu’alors, il n’avait été
que conservateur du département ‘Peinture et Sculpture’ de l’Art Institute de
Chicago). Pour s’imposer, il mit très vite en place un programme en faveur du
design, de l’art actuel et des new media arts.
Le 11 avril 2001, le MoCA inaugura son nouveau website (www.moca.org).
Extrêmement simple d’utilisation, il était structuré autours de trois grandes
sections: une partie informative sur le musée (notes sur les expositions, la
collection permanente, les activités du service pédagogique…), une boutique et
un portail (liens et ressources sur l’art contemporain). Le but du site était
d’être un « lieu de découverte et d’apprentissage pour augmenter
l’engouement du public vers l’art contemporain [2] ».
En juin 2001, le MOCA
inaugura la ‘Digital Gallery [3]’, un
espace d’exposition online. La première œuvre à y être incorporée fut Still
Life: Choosing and Arranging [4], un site de John
Baldessari [5]. Il
s’agit d’une web-création ludique qui permet au public - par le biais d’une
animation - de composer une nature morte (à partir d’objets très diverses
défilant dans la partie basse de l’écran).
B.3.2 – Le choix des commissions
D’une manière générale, le musée eut tendance à faire appel à des
personnalités hors normes et pas forcément impliquées dans le champ des news
medias arts: Bruce Sterling (écrivain de science-fiction), Paul D. Miller
(artiste conceptuel, écrivain et musicien), Mornus (musicien). A côté de cela,
il s’adressa également à quelques artistes spécialisés dans l’art informatique:
Liz Larner, Erik Loyer, Jason Salavon, Cindy Bernard.
Quand nous passons en revue les différents sites commissionnés par
le musée, nous nous rendons compte qu’ils sont tous dotés d’interfaces
intuitives et ludiques aux couleurs chatoyantes.
B.3.3 – Les conditions d’acquisition et de conservation
Le musée dispose de l’aide financière de la James Irvine Foundation
[6]. Le budget varie beaucoup d’une commission à
l’autre: entre trois et douze mille dollars (selon Susan Morris). Cela couvre
le cachet de l’artiste ainsi que les coûts techniques.
En 2001, Jeremy Strick resta assez évasif sur les droits
d’exclusivité et affirma que le musée disposait de ceux-ci tant que les œuvres
étaient présentées sur le site du MoCA .